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Vous prévoyez Phuket ou Bangkok ? La Thaïlande veut faire payer 450 bahts à chaque touriste, valables 30 jours, dont une part financerait une assurance accident et urgence médicale. Collecte envisagée dès 2027 si le dispositif est approuvé. Voici ce que vous paieriez, ce que l'argent financerait et ce qui reste flou.
En bref
- La taxe serait de 450 bahts par visiteur, valable 30 jours avec entrées et sorties multiples, assurance comprise.
- La collecte démarrerait en 2027 si les autorités approuvent le dispositif, par les arrivées aériennes, puis terre et mer environ 360 jours plus tard.
- Le produit irait au Fonds de promotion du tourisme : plus de 8 milliards de bahts par an pourraient rester après frais.
Le chiffre clé : 450 bahts, montant de la taxe d'entrée prévue, valable 30 jours, assurance accident et urgence comprise.
450 bahts pour 30 jours, entrées et sorties multiples comprises
Le chiffre à retenir est simple : 450 bahts par voyageur. Il ne se paierait pas à chaque passage de frontière. Le tarif couvre trente jours, avec des entrées et des sorties multiples, et l'assurance incluse court sur la même durée.
Le projet existe depuis dix ans dans le débat thaïlandais. Le montant a évolué : 300 bahts pendant des années, 450 aujourd'hui. Le texte a paru le 30 août, et la consultation publique, ouverte jusqu'au 28 septembre, est maintenant terminée. Rien n'est définitivement arrêté.
Pour savoir ce que cela représente en euros, le projet ne fournit qu'un prix en bahts. Convertissez-le au taux du jour au moment de réserver votre séjour.
| Point | Ce que prévoit le projet |
|---|---|
| Montant | 450 bahts par visiteur |
| Durée de validité | 30 jours, entrées et sorties multiples |
| Début de la collecte | 2027, si approbation définitive, arrivées par air d'abord |
| Terre et mer | environ 360 jours après l'avion |
| Paiement | compris dans le billet, sur un site, par une application ou à une borne |
Une assurance en trois étages, dont un seul est solide
Ce qui est nouveau, c'est le contenu de ces 450 bahts. Une partie achèterait une assurance pour chaque visiteur. Le dispositif est pensé en trois niveaux, défendus notamment par l'ancien ministre du Tourisme Weerasak Kowsurat.
- Premier étage : une assurance accident et urgence médicale pour chaque touriste, afin que le contribuable thaïlandais ne paie pas les soins non réglés dans les hôpitaux publics.
- Deuxième étage : une assurance complémentaire pour les activités à risque, comme la plongée, l'escalade ou le saut à l'élastique, achetée sur place par QR code.
- Troisième étage : une responsabilité civile pour qui loue et conduit lui-même une voiture, une moto ou un jet-ski, ou fait voler un drone.
Les deux derniers niveaux restent, à ce stade, des pistes de travail. Pour un séjour à Phuket, où plongée et deux-roues sont courants, c'est le point à surveiller : le supplément éventuel n'est pas chiffré.
Plus de 8 milliards de bahts par an pourraient rester pour le tourisme
Le motif affiché : les soins d'étrangers que l'État ne récupère pas. Deux estimations circulent. Le ministère de la Santé publique évoque au moins 100 millions de bahts de factures impayées par an. Le ministère du Tourisme parle de 300 à 400 millions de bahts de frais médicaux d'étrangers non récupérés.
Face à cela, la taxe rapporterait près de 10 milliards de bahts par an, selon l'association des agences de voyages thaïlandaises, pour un pays qui reçoit trente-trois millions de visiteurs. Le ministère du Tourisme indique qu'après les frais de collecte et d'assurance, plus de 8 milliards pourraient rester chaque année.
Cet argent ne servirait pas surtout à rembourser des hôpitaux. Il alimenterait le Fonds de promotion du tourisme, géré par le ministère du Tourisme. Le texte en fixe les emplois : sites, infrastructures, environnement, recherche, formation et promotion.
L'essentiel des impayés hospitaliers se situe ailleurs. En 2024, les provinces frontalières ont enregistré 2 315 millions de bahts de soins non recouvrés auprès d'étrangers, dont 1,8 milliard sur la frontière birmane. Il s'agit de travailleurs migrants, d'apatrides et de malades venus se faire soigner. Ces patients ne sont pas des touristes ayant payé 450 bahts, et l'assurance du premier étage ne les couvre pas.
Qui serait exempté, et pourquoi les résidents s'interrogent
La liste d'exemptions publiée est précise : invités de la Couronne et du gouvernement, passeports diplomatiques et de service, titulaires d'un permis de travail, laissez-passer frontaliers, passagers en transit, personnels navigants et enfants de moins de deux ans.
Les visas de long séjour sans activité n'y figurent pas. Un permis de travail exempte, un visa retraite non. Un retraité installé depuis dix ans qui passe une semaine à Penang ne serait donc pas explicitement exempté à son retour. Reste à savoir si telle est l'intention : c'est ce que le texte dit aujourd'hui.
Le projet a aussi un ton. Devant les agences de voyages, le 25 août, l'ancien ministre du Tourisme a défendu l'idée de filtrer les visiteurs, selon Gavroche :
« Si quelqu'un n'a pas les moyens de payer une redevance de ce niveau, cela nous dit peut-être quelque chose. »
Weerasak Kowsurat, ancien ministre du Tourisme, le 25 août devant les agences de voyages
Scooter à Phuket : une assurance existe déjà, c'est le permis qui manque
Le troisième étage ne partirait pas de zéro. Tout véhicule immatriculé en Thaïlande doit déjà avoir une assurance obligatoire, le Por Ror Bor, instaurée par la loi de 1992 sur la protection des victimes d'accidents de la circulation. Elle indemnise les personnes blessées, conducteur, passager et tiers, jamais le véhicule.
Les plafonds sont bas : 30 000 bahts de frais médicaux versés immédiatement, sans recherche de responsabilité, et 500 000 bahts en cas de décès. Elle coûte de 161 à 646 bahts par an pour une moto. Ce n'est pas une responsabilité civile générale : le troisième étage viendrait compléter cette couverture.
Pour le voyageur, le vrai risque est ailleurs. Il faut une catégorie moto sur son permis national, doublée d'un permis international qui la porte. La plupart des étrangers qui louent un scooter à Phuket ou à Samui n'ont ni l'une ni l'autre. Sans eux, certaines assurances voyage peuvent refuser de prendre en charge un accident de deux-roues, selon les conditions du contrat. Relisez le vôtre avant de partir.
Vos questions
Combien coûterait la taxe d'entrée en Thaïlande ?
Le projet prévoit 450 bahts par touriste. Le tarif vaut trente jours, avec entrées et sorties multiples. Il n'est annoncé qu'en bahts : convertissez-le au taux du jour.
Quand la taxe serait-elle appliquée ?
La collecte démarrerait à partir de 2027, si les autorités donnent l'approbation définitive. Les arrivées par avion seraient concernées d'abord, puis les arrivées par terre et par mer environ 360 jours plus tard. Le paiement se ferait dans le billet, sur un site, par une application ou à une borne.
Que financerait cet argent ?
Une part paierait l'assurance accident et urgence médicale de chaque visiteur. Le reste irait au Fonds de promotion du tourisme, pour les sites, les infrastructures, l'environnement, la recherche, la formation et la promotion. Le ministère du Tourisme estime que plus de 8 milliards de bahts pourraient rester chaque année après frais.
Sources : gavroche-thailande.com.